LA SOLITUDE DES MENTEURS

 

Frank Marconi a un mandat particulier. Missionné par le ministre Parchon, il doit éliminer Chioro. Considéré comme un des plus grands peintres mondiaux, l’artiste cache un secret menaçant. Il a décidé que le jour de ses quatre-vingt-dix ans, il divulguera celui-ci à tous les médias. Mais il a commis la faute de partager cette confidence. Cet acte maudit va entraîner toute une série de conséquences, trahisons, meurtres, suicide. En une nuit tout va basculer. Une confrontation inédite entre Chioro et son tueur va dévoiler des facettes inattendues de leur personnalité. L'aube sera la réponse. La vengeance peut avoir de multiples visages.

 

Extrait du prologue.

Je suis mort et c’est la première fois que cela m’arrive en vrai. J’ai toujours été le plus fort et le plus intelligent. Mais au vu de la place que j’occupe actuellement, grotesquement immobile, sur ce fauteuil de jardin d’un luxe trop moelleux, je ne peux plus l’affirmer aussi catégoriquement. Il fait doux. Une abeille virevolte autour de ma tête dans le soleil. Ça sent la menthe et le romarin. Le calme reposant d’une aube fraîche. La fine brise joue avec mes cheveux et je suis au regret d’avouer que l’expérience d’un vieux roublard peut être redoutable. Le plus désagréable pour mon ego surdimensionné est sans doute le fait d’être mort en chaussettes. Un relâchement peu professionnel que je n’aurais jamais de la vie accepté que l’on soupçonne de ma part. Moi, qui n’aime que l’élégance, la coupe parfaite d’un costume, la finesse du coton d’une chemise. Et là, ce matin, des chaussettes raffinées en fil d’Ecosse certes, mais un peu trop élimées pour faire illusion, comme la prémonition d’une déchéance. 

Il n’y a pas plus décevant que la mort. L’existence nous permet de rattraper presque toutes les conneries que l’on est capable d’inventer. Mais la faucheuse vous coupe les tendons des talons. On ne peut plus hurler la terrible douleur de la frustration. Le ridicule de ma dernière révérence me donnerait des envies de meurtre. Ma tasse de porcelaine s’est brisée en un million de morceaux et aucune colle magique ne peut faire de miracle. Un seul a tenté la résurrection et on ne peut pas dire qu’il m’ait particulièrement convaincu. Mais ça, c’est une autre histoire.

 

LE PARADIS DES LOUVES

 Meurtrière depuis peu, mais passionnée depuis toujours, ma flute de champagne est éternellement prête à fêter la fin d’un emmerdeur.

Telle est la sentence permanente de la dangereuse W. Cette jeune fille, qui nous plongedepuis son enfance dans son inquiétant quotidien, supporte difficilement les autres êtres humains. Au fil des multiples rencontres et déménagements, elle va tenter de trouver sa place dans un monde qu’elle juge trop imparfait. Y arrivera-t-elle? Qui saura sauver son âme damnée? Ce récit est aussi un complément d’enquête sur l’un des personnages principaux de Aile Ouest. Il apporte un éclairage différent à cette intrigue palpitante.

 

Extrait du prologue.

Je suis seule dans cette cellule qui n’est ni froide, ni grise. Les bruits de fond sont atténués par la grosse porte orange. C’est peut-être même des cris au loin. Ça pourrait tout aussi bien être un chant d’oiseau.

C’est une chambre d’hôtel sans étoile. Avec serrure. Propre et nue. Il n’y a pas d’odeur autour de moi, ni bonne, ni mauvaise. Un néant olfactif comme si je n’existais déjà plus. Un autre monde de fantômes.

On ne m’a attribué aucune compagne. C’est bien ainsi. Je suis déjà détestée par toutes les autres prisonnières qui n’admettent pas cette injustice. Mais je ne risque rien, on me veut vivante, encore quelque temps du moins. On ne me donne pas mon courrier. Même si je suis sûre que je suscite suffisamment de curiosité pour en avoir eu pas mal. Je ne sais pas s’ils ont le droit de faire ça. De toute manière plus personne ne m’intéresse.

Pas de contact. Je fais ma promenade journalière en solitaire. La gardienne qui m’est assignée ne m’accompagne pas dans la cour. Elle reste dans le couloir, derrière la porte, et regarde rarement par la lucarne ronde si je tourne encore en carré ou si j’ai décidé de faire des huit. Si je shoote dans les cacas de pigeons.

Je la trouve hideuse et bêtement méchante. Aucune distinction. Ces gros cheveux noirs et gras sont attachés avec un vieux morceau de ficelle. Son visage est fondu. Vu d’en haut, on dirait que c’est elle, la prisonnière. Elle sent la crasse et la solitude. Elle m’évite, comme si je renfermais un virus contagieux et mortel. Elle a raison, mortel sans doute. J’attends mon procès. Demain j’aurai ma tribune. Je vais leur expliquer ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre.

 

AILE OUEST

Julien, interne dans une unité de soins palliatifs, mène une vie solitaire, vouée uniquement à son travail, aux lettres de son frère et à la relation particulière qu’il entretient avec une vieille dame en fin de vie. Malgré son attirante beauté, il n’est ni sensible à l’amitié, ni à l’amour.

L’arrivée d’une nouvelle recrue dans son service va bouleverser son quotidien.

Cette fille belle, légère et lumineuse, éveille en lui des sentiments qu’il ne comprend pas.

Mais tout bascule le jour où celle-ci disparait…

Obsédé par l’idée de la revoir, Julien part à sa recherche et se retrouve entrainé dans une étrange et sombre histoire.

Entre polar et sentiments, ce roman vous emmène dans son univers à la fois intriguant et passionnant. Ses personnages, attachants ou déroutants, ne cessent de nous étonner.

 

Extrait du prologue.

 Le dossier rouge 512 PPU - RENOVATION AILE OUEST/HOPITAL CENTRAL – est toujours coincé sous la grosse pile vacillante en équilibre sur la table dans le bureau sans numéro. Cette pièce semble abandonnée, anonyme et ressemble vaguement à une salle de classe des années 60 sans les pupitres. En beaucoup plus étriquée. Quelques chaises dépareillées trainent dans un coin, se battant pour quelques lames de plancher usées, avec les restes d’un drapeau français en lambeaux. Ça sent la poussière dans le fond de ce couloir sombre. On se perd dans ce long boyau par hasard. Sauf pour mettre à l’épreuve une stagiaire qui a la tâche ingrate et humiliante de vérifier si l’occupant derrière cette vieille porte vitrée, respire toujours. La femme de ménage qui s’occupe de l’entretien du reste du bâtiment municipal vient rarement jusqu’ici. Comme personne ne critique son manque d’enthousiasme, elle évite le plus possible de se prendre le chignon dans les nombreuses toiles d’araignées. Derrière cette vieille porte vitrée, c’est le bureau de Monsieur Meyer. Le cheveu gras et rare et les lunettes Optic 2000. Il n’a pas l’intention de faire grimper ce dossier rouge au sommet de cette montagne de chemises. Celui-ci est presque collé à la surface abimée du bureau communal. Sa pochette en carton est décolorée à l’endroit où la lumière, même faible, l’a gentiment caressée.

Ce n’est pas que ce dossier soit scandaleux ou préoccupant mais il a été tout simplement classé PPU (pas pas urgent)par l’administration. Pourtant les appels d’offres sont bouclés depuis longtemps, puisque c’est le beau-frère de Monsieur le Maire -Maurice le fleuriste- qui a obtenu le marché. Il a une grande expérience puisqu’il a, seul, entièrement modernisé son pavillon à l’entrée nord de la ville. De toute façon rénover un étage d’hôpital n’est pas sorcier. Quelques copains de foot, deux packs de bières et l’on repeint sans effort les murs en blanc.

Mais depuis quelques temps, les couples ont la bonne idée de se marier plus fréquemment, les morts de réclamer toujours plus de couronnes de fin de règne et les jolies bourgeoises de se retourner les invitations avec une intensité hystérique. Et voilà, Maurice est débordé et ses copains de foot sont en plein championnat. Ça arrange Monsieur Meyer qui reste bien décidé à se venger de cette petite ville mesquine et médiocre.

C’est de la faute de ces habitants minables si sa femme est partie avec une grosse gourde. C’est cette ville étriquée qui a donné envie à sa Suze-Anne de voir si le gazon vert est vraiment maudit. Même s’il ne supportait plus les manières de son épouse, il supporte encore plus difficilement de rentrer et de se trouver seul le soir entre les murs froids et le design de papier glacé de sa villa. Un tombeau pour suicidaire. Suze-Anne et sa décoration de magazine, endoctrinée par une autre blonde du petit écran. La reine de la quincaillerie chic, du marouflage et de l’éclairage à la bougie. En succombant à dix minutes de cette émission dédiée au raffinement, on comprend rapidement l’intérêt de la lumière indirecte et de la colle à bois. Une personne normale, qui ne peut pas forcement prétendre aux mêmes capacités que Madame Soleil, comprend bien l’avenir de ces transformations. Trois mois de frime plus tard, quand tout se décolle gentiment, on rampe comme des paras pour récupérer ses habits rangés sous le lit parce que l’armoire, jugée trop encombrante ou trop ringarde, a disparu de la chambre à coucher. On arrive à s’engueuler tous les jours parce rien ne compense le manque de télévision qui, elle aussi, a fini dans le garage. Et on garde son ordinateur sur les genoux parce qu’un bureau c’est tout juste pas possible dans la délicieuse nouvelle ambiance concoctée par notre fée de l’agrafeuse électrique. Bon, si vous aimez le gris souris, le taupe, le vert grenouille et autres animaux de la création, ça vous regarde.